VOTRE DÉPUTÉ DE LA 2ÈME CIRCONSCRIPTION DE L'EURE

Sommet du végétal à Evreux : l'Eure entend rester un grand département agricole

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Sommet du végétal à Evreux en présence de Stéphane Le Foll


Messieurs les Présidents,
Mesdames, Messieurs,
Je veux tout d'abord vous remercier d'avoir choisi l'Eure pour tenir votre
Congrès national.

Je ne crois pas aux hasards et j'y vois une forme de reconnaissance de la politique agricole que mène le Conseil général de l’Eure et du travail partenarial que le Département développe et construit depuis plusieurs années avec la Chambre d'Agriculture de l'Eure et ses composantes. Je veux vous dire combien je suis impressionné par la grande qualité des intervenants qui se succèdent à la tribune de votre Congrès. J'aurai, nous aurons, le plaisir d'accueillir tout à l'heure notre nouveau Ministre Stéphane Le Foll et je suis heureux qu'il ait pu répondre favorablement à votre invitation.

Il connaît extrêmement bien le milieu et les questions agricoles. Il défend nos valeurs, notre savoir-faire, notre modèle, avec le souci de l'équité, du progrès et de la durée. Il le fait avec talent, avec force, avec un grand sens au fond de l'intérêt général. Il a tout mon soutien et sa présence donnera du poids à la conclusion de nos travaux cet après midi.


Il est prévu ce matin une présentation des problématiques agricoles en HauteNormandie et, après M. Chopin, je veux dire quelques mots de ce partenariat exemplaire que nous avons noué dans ce Département au service de notre agriculture.
Ce partenariat s'est amplifié et considérablement consolidé, sous mon impulsion et celle de Lionel Prévost, Vice-Président avec qui vous échangez depuis hier. Cette politique est au service de tous les agriculteurs de l’Eure.

J'en mesure très bien la modestie au regard des aides européennes ou nationales, mais nous ne sommes pas dans le champ des compétences obligatoires des Départements. Le Conseil général de l'Eure y consacre toutefois un budget non négligeable : 2,5 M€ en 2013, par exemple.
J'aborderai 3 thèmes forts parmi les priorités que nous avons dégagées avec nos partenaires :
- la qualité des produits agricoles et le développement des filières courtes. Nous avons à cet égard accompagné plus de 40 projets en 2012.
- la recherche sur de nouvelles pratiques agricoles permettant de développer l’agriculture biologique et le maraîchage biologique, mais aussi l’agriculture de précision et l’agriculture intégrée. La diversité des types d’agriculture est une richesse pour notre département. Cette diversité nous voulons la cultiver, la développer pour promouvoir une agriculture capable de répondre aux besoins alimentaires et aux attente de la société.
- et enfin, le soutien à l'élevage, à l'emploi en agriculture et aux exploitations en difficulté.
Pour mettre en œuvre cette politique, le Conseil général signe des conventions de partenariat avec l’ensemble des organismes et associations agricoles qui mettent en œuvre des actions de conseil dans ces différents domaines. Nous en avons ainsi engagé 17 conventions en 2013.


La politique agricole mise en œuvre par le Département a également pour objectif de renforcer la recherche appliquée et l'expérimentation en vue d'accompagner les projets d'innovation de la profession agricole.

Ainsi, le Département a créé avec la Région de Haute-Normandie la station de recherches d'Ecardenville-la-Campagne dans l'Eure afin d'y permettre l'installation de l'Institut technique du Lin. Cet institut est maintenant pleinement intégré à ARVALIS-Institut du Végétal que vous connaissez tous.

L'aide qu'il a apportée au Comité Nord sur la recherche autour de nouvelles variétés de pommes de terre féculières a permis notamment le développement d'emballages biodégradables.
Je pourrais parler aussi des recherches que nous menons avec le Groupement Régional des Centres d'Etudes Techniques Agricoles (GRCETA) et l'ESITPA, école d'ingénieurs pour l'agriculture, sur l'agriculture de précision et l'agronomie, et qui débouchent sur des pratiques qui pourront profiter à un grand nombre d'exploitations. Autant de nouvelles pratiques agricoles visant à concilier économie, performance des exploitations et pratiques respectueuses de l'environnement.
L'Eure est ainsi le 2e département français pour la production de lin textile. Cette production est emblématique de notre département. Certains d'entre vous ont pu visiter hier une unité de teillage de lin au Neubourg, "cœur linier" du département. Les difficultés rencontrées par la filière en 2012 ont mobilisé toute notre attention et nous soutenons ses projets d'investissements pour les années à venir.

L'Eure est également le 1er département producteur de menthe aromatique en France avec plus de 300 ha cultivés. L'Eure mène depuis 8 ans un programme d'agriculture de précision baptisé Défisol et qui a permis de "référencer" et de mieux connaître les potentialités agronomiques de quelque 40 000 ha. Les techniques issues de ces recherches permettent maintenant d'apporter aux cultures "la bonne dose, au bon endroit et au bon moment". Plus de 150 exploitations sont impliquées dans cette expérimentation que nous soutenons. Et enfin, je voudrais citer le soutien que nous apportons à l'association NoveaTech en matière de développement de la chimie verte et des bio-matériaux. Les développements intéressants autour de la relance de la filière de production de chanvre que nous encourageons sont à cet égard prometteurs.

Alors bien sûr, les éléments de cette politique sont bien peu de choses au regard des enjeux que représente la future PAC 2014-2020. La problématique de la reconduction totale ou partielle du budget de la politique agricole commune, celle de la répartition des aides entre les productions de grandes cultures et l'élevage, celle du "verdissement" de la future PAC et du renforcement de l'écoconditionnalité des aides directes, celle enfin de l'importance des fonds structurels dédiés entre autre à la modernisation et au développement de l'industrie agro-alimentaire, tout cela est essentiel. Mais je tenais par mon témoignage à démontrer comment une collectivité comme la nôtre pouvait essayer d'avoir un impact sur l'évolution au fond de son agriculture, sa diversification, indépendamment des grands débats nationaux ou européens et apporter en quelque sorte sa valeur ajoutée propre.


Quelques mots en conclusion sur l'impact dans notre Département des grandes questions qui touchent le monde agricole. Le département de l'Eure, particulièrement dépendant des aides directes PAC (126 M€/an) du fait de son orientation croissante vers les systèmes de grandes cultures est évidemment concerné par ces décisions structurelles (UE) qui vont nous engager sur une période de 7 ans. De la même façon la question du prix des céréales et ses répercussions sur l'élevage est importante pour notre territoire : la récolte 2012 dans l'Eure se traduit en effet par la combinaison d'un niveau de rendement et de prix élevés, ce qui devrait se traduire par une progression sensible du revenu de la "Ferme Eure", et ceci malgré un niveau de charges de production élevé. 


Toutes les productions céréalières et oléo-protéagineuses ont connu une productivité importante grâce à une année climatique favorable, y compris dans sud de l'Eure qui avait beaucoup souffert du manque d'eau les années passées. Cette très bonne conjoncture céréalière a malheureusement un effet dépressif sur l'élevage du département qui voit les prix des aliments du bétail s'envoler, de l'ordre de 30% à la hausse.
Ces trois questions : hausse du prix des céréales et oléo-protéagineux,
l'augmentation de charges de production et la situation de l'élevage sont des enjeux majeurs pour notre agriculture.
On constate sur le terrain une très forte baisse du nombre de producteurs laitiers dans l'Eure : leur nombre a été divisé par 2 en 10 ans, ils seront sans doute moins de 600 producteurs pour la nouvelle campagne 2013/2014. La hausse des prix des céréales incite les éleveurs à abandonner cette production, à labourer les herbages pour y produire du blé et des cultures de vente. La diminution du nombre d'élevages allaitants est moins sensible, sans doute en raison de l'astreinte de travail moindre qu'en production laitière et de prix orientés semble-t-il durablement à la hausse du fait d'une forte demande méditerranéenne. Mais l'élevage eurois est menacé : la profession agricole doit se mobiliser à nos cotés pour sauvegarder cette activité qui se développe sur des terroirs sensibles : vallées, zones humides, Ouest (et Est) du département, secteurs à enjeux environnementaux.
Cela concerne également la production ovine qui doit elle aussi être soutenue et développée. La richesse agricole du département est fondée, entre autre, sur des conditions de sol et de climat très favorables, un savoir-faire des agriculteurs qui permettent d'y développer une polyculture-élevage prospère. Il en va de la durabilité de nos exploitations et des élevages de préserver et développer cette diversité des productions agricoles.
On voit ainsi comment localement, nous sommes concernés au premier chef par les problématiques nationales que vous évoquez. Cela illustre tout l'intérêt que nous portons et porterons à vos travaux.
Je vous remercie.

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