VOTRE DÉPUTÉ DE LA 2ÈME CIRCONSCRIPTION DE L'EURE

Le point sur la crise agricole

0
le foll

Ce vendredi 4 mars, François Hollande a reçu la chancelière allemande Angela Merkel à l'Elysée. La crise agricole a été un des sujets abordés : le président français a affirmé qu'il souhaitait que les prochaines réunions à Bruxelles - notamment le Conseil des ministres de l'Agriculture le 14 mars prochain - aboutissent à des décisions engageant "immédiatement" les Etats membres de l'Union européenne. Angela Merkel a déclaré de son côté : "Nos ministres de l'Agriculture travaillent ensemble très étroitement (...) pour trouver des solutions communes, aussi avec la Commission." (...) Et ceci est un signal important pour les agriculteurs concernés". Phil Hogan, commissaire européen à l'Agriculture, en visite ce mercredi à Paris pour le Salon de l'Agriculture, a assuré avoir conscience de la gravité de la situation et "convenu de la nécessité d'adopter toutes les mesures appropriées pour (y) remédier".

Le président de la République comme le ministre de l'Agriculture, Stéphane Le Foll, pressent donc l'Union européenne pour que celle-ci apporte des réponses concrètes à la crise. Face au problème actuel de la surproduction - due à la fin des quotas laitiers, décidée sous le quinquennat de Nicolas Sarkozy - , qui fait chuter les prix, la bataille du Gouvernement français est de faire accepter au niveau européen l’idée que l’on ne peut pas continuer à augmenter la production et qu'il faut réguler. Stéphane Le Foll a précisé sur ce point : "Les Etats libéraux qui jouent l’augmentation de la production font peser sur tous l’impact de la baisse des prix. La semaine prochaine, je vais prendre tous les contacts pour faire bouger l’Europe sur ce sujet". Le ministre français s'est déjà entrenu hier matin avec son homologue belge, avec qui il partage aussi bien l’analyse des causes de la crise que le constat de la nécessité d’une réponse européenne par, notamment, une intervention accrue sur les marchés et une réduction des capacités de production afin de faire remonter les prix du lait et de la viande. De nombreux autres pays européens sont derrière la France. 

Par ailleurs, au Salon de l'Agriculture, le président Hollande a affirmé vouloir réviser la LME (loi de modernisation de l'économie) adoptée en 2008 sous le mandat de Nicolas Sarkozy et qui instaure la liberté de négociation des prix entre les centrales d'achat des grandes surfaces et leurs fournisseurs. Des aménagements à la LME ont été pris depuis deux ans pour rééquilibrer les rapports de force dans les négociations commerciales entre l'amont des filières et les distributeurs. Le président Hollande a précisé qu'il fallait faire pression sur la grande distribution pour qu'elle évite d'accentuer, par la guerre des prix, les difficultés des éleveurs. Stéphane Le Foll a estimé qu'il fallait "indiquer dans ces négociations tripartites le fait que les producteurs doivent aussi être parties prenantes". La LME a clairement affaibli la position des agriculteurs dans les négociations.

A l'occasion du Salon de l'Agriculture à nouveau, le Ministre a rencontré le Commissaire européen à la santé et à la sécurité alimentaire, Vytenis ANDRIUKAÏTIS, avec lequel il a insisté sur la nécessité pour la France d’une levée rapide de l’embargo sanitaire russe sur le porc et sur l’importance de la mise en place d’un dispositif expérimental en France d’étiquetage de l’origine des matières premières dans les plats préparés.

Avec la volonté de faire bouger les lignes en Europe, pour que des solutions soient décidées le 14 mars lors du prochain Conseil des ministres de l’Agriculture, Stéphane Le Foll se rendra la semaine prochaine en Allemagne, en Slovénie, et en Pologne afin d’y rencontrer ses homologues, ainsi qu’aux Pays-Bas qui président, ce semestre, le Conseil européen.

Depuis 2012, le Gouvernement soutient l'agriculture française : le budget de la PAC pour la France a été préservé, la régulation des plantations de vignes a été restaurée, les négociations commerciales ont été rééquilibrées et le seront encore davantage dans la loi Sapin 2 (prix au producteur dans les contrats, publication de comptes), les baisses de charges ont été portées à 2,3 Md € pour les agriculteurs et plus de 5 Md € pour l’ensemble du secteur agroalimentaire, les normes ont été simplifiées sans moins-disant environnemental, la ruralité a fait l’objet d’un soutien massif (éducation, santé, sécurité, logement, transport, numérique, services publics, …). 

L'agriculture française est la plus importante de l'Union européenne : elle représente 18% de la production communautaire. Il est impératif que des solutions soient trouvées au niveau européen pour sortir de cette crise qui empoisonne notre agriculture.

Commentaires

Laisser votre message

Votre email :
*
Votre nom :
*
Votre message :
*